Audiovisuel 08 sep 2026

Sommet Lumière : des déclarations encourageantes pour le cinéma et l'audiovisuel

Les principes d'une gouvernance internationale du cinéma, de l'audiovisuel et de l'intelligence artificielle au service de la création et de la diversité culturelle ont été adoptés.

A l'occasion du Sommet Lumière, réuni le 7 septembre 2026 à Saint-Paul-de-Vence sous la coprésidence de la France et de la Corée du Sud, des États, industries et institutions culturelles du monde entier ont adopté, pour la première fois, à travers des Déclarations, les principes d'une gouvernance internationale du cinéma, de l'audiovisuel et de l'intelligence artificielle au service de la création et de la diversité culturelle.

Depuis plusieurs années, la SACD alerte et agit en particulier face aux risques que l'intelligence artificielle générative fait peser sur la création humaine, la rémunération des auteurs et la diversité culturelle. La Déclaration relative à l’IA consacre plusieurs combats portés de longue date par la SACD, tant au niveau français qu'européen et international :

  1. La reconnaissance de la création humaine et d’une juste rémunération pour les créateurs : la Déclaration affirme que les œuvres créées par des êtres humains constituent le socle sur lequel repose la qualité des systèmes d'IA générative, et pose l'exigence d'une juste rémunération des titulaires de droits dont les œuvres sont utilisées pour l'entraînement de ces systèmes.
  2. La transparence et la traçabilité des usages de l'IA : la Déclaration affirme la nécessité de mécanismes permettant d'identifier les œuvres utilisées pour l'entraînement des systèmes d'IA ainsi que les contenus générés ou assistés par ces technologies.
  3. La préservation de l'emploi et de la diversité des talents artistiques : la Déclaration place la préservation des emplois et des talents artistiques parmi les objectifs permanents des politiques publiques face au développement de l'IA.
  4. La protection de la diversité culturelle et la lutte contre l'homogénéisation : en inscrivant explicitement l'intelligence artificielle dans le cadre des principes de la Convention de l'UNESCO de 2005, la Déclaration constitue une avancée majeure pour la reconnaissance du droit des États à conduire des politiques culturelles à l'ère de l'IA.

A cet égard, la SACD appelle les États signataires de cette déclaration à porter ces principes clés pour l’avenir de la création dans le cadre des travaux engagés par l’UNESCO en vue de garantir l’application des principes de la Convention de 2005 à l’univers de l’IA.

Elle appelle l'Union européenne à traduire sans délai ces principes dans sa future stratégie IA, notamment en matière de transparence, de rémunération des ayants droit et de partage de la valeur.

La France doit également agir résolument et sans tarder : en défendant le droit d’auteur dont le président de la République française, Emmanuel Macron, a rappelé utilement qu’il était « encore plus à défendre aujourd’hui » et dont l’adoption de la proposition de loi Darcos par l’Assemblée nationale serait une traduction ambitieuse, nécessaire et attendue de l’ensemble des professionnels ; en engageant le chantier visant à conditionner ou à moduler les aides à la production du CNC au recours à de l’emploi créatif humain afin de soutenir les emplois artistiques et la création humaine.

Enfin, la « Déclaration Lumière » souligne à juste titre des objectifs incontournables : la défense d’une vision du cinéma et de l’audiovisuel plaçant au cœur l’œuvre de création, la garantie du respect de la propriété intellectuelle, la réaffirmation de la singularité de l’expérience en salle de cinéma, la lutte pour la découvrabilité des œuvres dans l’univers numérique, le soutien à une plus grande parité entre les femmes et les hommes, le soutien résolu à la liberté de création.

À l'heure où les plateformes mondiales et l’IA reconfigurent profondément la production et l'accès aux œuvres, ces principes ne constituent pas des héritages du passé mais des conditions d'avenir. Ils demeurent les piliers de la souveraineté culturelle et de notre modèle dans lequel l'innovation technologique ne peut se construire au détriment des créateurs ou de leurs droits, mais doit au contraire renforcer leur place au cœur de nos démocraties.

Contact presse SACD

Chloé Rayneau – 01 40 23 45 11 / 06 72 93 03 64 – chloe.rayneau@sacd.fr