Sauver l'audiovisuel français : huit mois pour agir
Les finances publiques sont dans une situation grave. L'audiovisuel français aussi. Et pourtant, les pouvoirs publics semblent refuser de regarder la réalité en face.Depuis plusieurs années, ils laissent se creuser le décrochage entre les acteurs audiovisuels français et leurs concurrents mondiaux, tout en réduisant les moyens des premiers dont ils attendent pourtant qu'ils financent l'information, la création et la diversité culturelle.
Les chaînes françaises subissent des asymétries réglementaires persistantes, notamment en matière de publicité, que rien ne justifie. Elles affrontent également la concurrence de plateformes extra-européennes qui ne sont pas soumises aux mêmes obligations ni aux mêmes contraintes. Dans le même temps, le financement public de l'audiovisuel ne cesse de régresser.
L’absence de toute volonté de rouvrir la réglementation publicitaire et l’annonce d’une nouvelle baisse de 47 millions d’€ des ressources publiques affectées à France Télévisions portent la marque de ce pas de deux entre inertie et mauvais coups.
Huit mois nous séparent de l'élection présidentielle. Ils ne peuvent pas être un temps perdu alors que se joue l'avenir d'un secteur audiovisuel et cinématographique qui constitue à la fois un pilier de notre économie, un moteur de notre création audiovisuelle et cinématographique et un élément essentiel de notre souveraineté culturelle.
Continuer à affaiblir les chaînes françaises revient à abandonner progressivement cette ambition au bénéfice d'acteurs extra-européens dont les priorités ne sont ni la vitalité de notre création, ni le pluralisme de notre débat démocratique. C'est aussi compromettre la capacité des Français à accéder à une information fiable et vérifiée, à des œuvres qui racontent leur société et à une création qui reflète leur diversité.
La SACD appelle donc à un sursaut immédiat.
Le gouvernement doit agir sans attendre pour corriger les asymétries réglementaires qui pénalisent les acteurs audiovisuels français dans la conquête des ressources publicitaires. Il doit également mettre fin à ce cycle infernal de baisse continue du financement de l'audiovisuel public. Il doit enfin renoncer à toute mesure de plafonnement des taxes versées au CNC qui créerait une surfiscalité scandaleuse de la culture tout en obérant le soutien à la création.
Les candidates et candidats à l'élection présidentielle doivent, quant à eux, prendre position dès maintenant sur l'avenir de la création audiovisuelle, de l'audiovisuel public, du financement des œuvres, et de la souveraineté culturelle de notre pays.
Ni le débat ni l’action ne peuvent être renvoyés au lendemain de l'élection.
Si la France veut continuer à disposer d'un audiovisuel capable d'informer ses citoyens, de financer sa création et de porter sa souveraineté culturelle, alors le temps d'agir est maintenant.
Contact presse SACD
Chloé Rayneau – 01 40 23 45 11 / 06 72 93 03 64 – chloe.rayneau@sacd.fr