• Cinéma
22 septembre 2020

Mobilisation de cinéastes internationaux pour le film Mignonnes

A l’initiative de la commission cinéma de la SACD, des cinéastes internationaux ont signé une tribune en soutien à la réalisatrice Maïmouna Doucouré dont le film subit des attaques et fait l’objet de tentatives de censure aux Etats-Unis.

Mardi 22 septembre 2020

Lucas Belvaux, Kaouther Ben Hania, Costa-Gavras, Joe Dante, Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Jean-Xavier de Lestrade, Deniz Gamze Ergüven, Benedikt Erlingsson, Mahamat-Saleh Haroun, Walter Hill, Dariusz Jablonski, Kamen Kalev, Mounia Meddour, Marie-Castille Mention-Schaar, Cristian Mungiu, Jean-Paul Salomé, Volker Schlöndorff, Pierre Schoeller, Bertrand Tavernier, Trần Anh Hùng, Jaco Van Dormael

English version below

« Nous sommes des cinéastes français, européens, africains, américains, et asiatiques qui avons des parcours différents, portons des regards pluralistes sur la société, défendons des esthétiques distinctes mais qui avons en commun un même engagement : le rejet de toute forme de censure et le respect absolu de la liberté de création.

C’est pourquoi nous voulons témoigner de notre soutien et de notre totale solidarité avec Maïmouna Doucouré, une cinéaste française, dont le film Mignonnes, disponible aux États-Unis sur Netflix, fait actuellement l’objet dans ce pays d’attaques infondées, caricaturales et ignobles.

Cette campagne d’une violence inouïe, qui a valu des menaces de mort à la réalisatrice, est portée par des sénateurs républicains et par des réseaux ultra-conservateurs qui utilisent et manipulent ce film dans un but politique et dans le cadre de la campagne présidentielle américaine.

Il faut le dire clairement. La polémique ainsi organisée contre ce film a un nom, qui jalonne malheureusement l’histoire du cinéma : la censure !

Faire taire les créateurs, cacher les images qu’on ne voudrait pas voir, faire interdire des films : ce sont là autant de dérives que nous voudrions voir appartenir au passé mais qui restent encore une réalité.

C’est aujourd’hui ce film puissant de Maïmouna Doucouré, couronné par le prix de la meilleure réalisation au Festival de Sundance, qui en est l’injuste victime. Son seul tort semble d’avoir voulu mettre en image son regard sur ce que ressentent des jeunes filles, immergées comme elle dans des cultures différentes, soumises à la pression conjuguée de la société et des réseaux sociaux, sans jamais encourager ou encenser l’hyper-sexualisation des jeunes adolescentes.

Il est triste qu’en 2020, il faille encore se battre partout pour que la création reste libre partout et que la parole des créateurs ne soit pas entravée ou prise en otage pour des raisons politiques. Mais, nous le disons sans ambigüité : notre tristesse sera toujours moins forte que notre détermination, notre mobilisation et notre engagement en faveur d’un monde qui laisse Maimouna Doucouré et les autres cinéastes jouir d’une liberté d’expression et de création.

Cette liberté, c’est le cœur du cinéma. Elle doit le rester. »

Version anglaise

“We are French, European, African, American and Asian filmmakers, with different backgrounds, who take a pluralistic views on society, defending distinct aesthetics but who share a common commitment: the rejection of all forms of censorship and absolute respect for  creative freedom.

This is why we want to show our support and our total solidarity with Maïmouna Doucouré, a French filmmaker, whose movie “Cuties”, available in the United States on Netflix, is currently the subject of unfounded, caricatural and despicable attacks in this country.

This incredibly violent campaign, which has led to death threats against the director, is being carried out by some Republican senators and ultra-conservative networks who use and manipulate this film for political purposes and as part of the US presidential campaign.

This must be made clear. The controversy thus organized against this film has a name, which unfortunately punctuates the history of cinema: censorship !

Silencing the creators, hiding images that we don't want to see, having films banned: these are all abuses that we would like to see belong to the past but which still remain a reality.

Today, it is this powerful film by Maïmouna Doucouré, crowned with the Best Direction award at the Sundance Film Festival, that is the unjust victim. Her only fault seems to have wanted to portray her view on how young girls feel, immersed like her in different cultures, subjected to the combined pressure of society and social networks, without ever encouraging or praising the hyper -sexualization of young teenage girls.

It is sad that in 2020, we still have to fight everywhere to ensure that creation remains free everywhere and that the voice of creators is not hindered or been held hostage for political reasons. But, we say it unambiguously: our sadness will always be less strong than our determination, our mobilization and our commitment to a world that allows Maimouna Doucouré and other filmmakers to enjoy freedom of expression and creation.

This freedom is the heart of cinema. It must remain so.”

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