• Cinéma
9 mai 2017

Cannes : la controverse Netflix

Dans un courrier adressé aux dirigeants du festival, le président et le directeur général de la SACD réaffirment la nécessité de revoir la chronologie des médias, responsable des blocages qui ont accompagné la sélection de deux films produits et financés par Netflix en compétition officielle. 

Depuis l'annonce de la sélection en compétition officielle des films Okja de Bong Joon-Ho et The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach, le Festival de Cannes est sous le feu des critiques de la part d'une partie des professionnels du cinéma français, parmi lesquels des distributeurs et des exploitants, qui s'indignent que ces deux films produits et financés par Netflix puissent être mis en ligne par l'opérateur américain sans sortie en salles et sans respecter la chronologie des médias qui prévaut en France.

Jacques Fansten, le président de la  SACD, et Pascal Rogard, le directeur général, ont souhaité dans leur courrier adressé à Pierre Lescure, le président de la manifestation cannoise  et à Thierry Frémaux, le délégué général, rappeler que le choix artistique du festival ne pouvait justifier une telle controverse. Concédant que le réglement du festival pourrait faire l'objet d'éclaircissements sur la nécessité pour les films sélectionnés de prévoir une sortie en salles en France, les dirigeants de la SACD refusent catégoriquement l'autre argument entendu ces dernières semaines : "nous considérons que le Festival de Cannes n'a pas à être pris en otage par ces guerres picrocholines franco-francaises qui agitent depuis des annnées le monde du cinéma autour de la réforme de la chronologie des médias", écrivent-ils.  

Cette réforme doit être engagée et ne pourra l'être que par les pouvoirs publics. La situation est urgente : "L'esprit de responsabilité devrait donc guider chacun pour éviter que le Festival de Cannes n'en devienne la victime collatérale et ne s'en trouve affaibli, alors que la concurrence d'autres festivals est vive et que l'avenir du financement du cinéma sera celui de l'inclusion des nouveaux opérateurs d'Internet." Cela ne signifie pas pour autant, donner un blanc-seing à Netflix et aux autres géants américains du web, dont les activités en Europe doivent être régulées : "La réglementation européenne leur permet jusqu'alors de contourner les réglementations nationales, qu'elles concernent les prescriptions fiscales ou les obligations d'investissement et de diffusion des œuvres européennes. Il est temps que ces anomalies et ces distorsions cessent."

Lire le courrier adressé aux dirigeants du Festival de Cannes : 

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