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Une table ronde sur les arts du cirque organisée à la SACD, à l’initiative de Jérôme Thomas

Pour un nouvel éclairage du répertoire des Arts du Cirque-Les registres.

Tel était le thème de ce débat du 21 juin 2011

Sophie Deschamps, présidente et Pascal Rogard, directeur général de la SACD, ont accueilli chaleureusement les auteurs présents et ont participé à cette rencontre qui réunissait des auteurs représentant la diversité des disciplines des Arts du Cirque parmi lesquels Roland Auzet, Yoann Bourgeois, Clémence Coconnier, Alexandre Fray, Bonaventure Gacon, Philippe Goudard, Nathan Israël, Delphine Lanson, Sébastien Le Guen, Christian Lucas, Nicolas Mathis, Jambenoix Mollet, Marie Molliens, Jani Nuutinen, Martin Palisse, Denis Paumier, Sandy Sun.

Philippe Goudard a présenté un bref historique de la SACD, née d’un mouvement de révolte et créée en 1777 par Beaumarchais. La première loi en matière propriété artistique et littéraire a vu le jour en 1791 puis le code de la propriété intellectuelle a défini les œuvres de l’esprit (théâtrales, musicales) comme appartenant de façon inaliénable à leurs auteurs. Il s’agit d’une spécificité du droit français.
Depuis les années 80, se sont ajoutés aux répertoires primaires, les numéros et tours de cirque. Néanmoins les œuvres de cirque ont pu être déclarées depuis toujours à la SACD, notamment dans le répertoire « œuvre dramatique avec musique » en y associant le genre cirque.
En 2001, une tentative de recensement des œuvres de cirque déclarées à la SACD s’est révélée très ardue du fait de la non-identification de celles-ci.
Cette même année, à la suite de réunions autour du théâtre, qui rappelons-le, joue un rôle de stimulant dans la rénovation et l’avancée des arts du cirque, le Conseil d’Administration de la SACD, dans un esprit d’ouverture, a souhaité intégrer un représentant des arts du cirque, dans un premier temps en tant que Conseiller puis en tant qu’Administrateur du répertoire des « Arts du Cirque » désormais pleinement  identifié.
A partir de là, l’institution prend le relais notamment au travers d’Hors les Murs et des échanges se créent afin de valoriser ce répertoire.
En parallèle à cet historique, Philippe Goudard dresse un bref état des lieux sur ce que représentent aujourd’hui les Arts du Cirque. Cette notion de pluralité nous rappelle que le cirque est un art composite et recouvre une formidable diversité de formes et de techniques échappant ainsi à toute classification.
Quatre grandes familles de disciplines sont néanmoins identifiables :

  • Acrobatie
  • Jonglage
  • Dressage
  • Jeu théâtral  clownesque, burlesque …

Depuis une quinzaine d’années, la question se pose de distinguer la singularité des arts du cirque. On s’aperçoit nettement que les notions de déséquilibre, d’instabilité et d’impermanence y sont présentes. Il faut noter que le déséquilibre n’est pas seulement esthétique et artistique mais également économique et social. Et c’est précisément sur ce point, que la SACD joue un rôle essentiel en se mettant au service du bien commun. Ce métier instable et dangereux trouve un allié de poids dans la société mutualiste qu’est la SACD.
Pour conclure cet historique, Philippe Goudard rappelle qu’aujourd’hui tout un appareil institutionnel s’est mis en place pour tenter de déterminer le poids économique des arts du cirque.
Une étude sur l’évolution des arts du cirque à la SACD depuis 2006 est présentée aux participants
Ces chiffres sont basés sur les bulletins de déclaration où les œuvres sont réellement déclarées en cirque et révèlent une certaine stabilité.
Il faut noter que bien souvent la complexité en terme de déclaration des œuvres de ce répertoire est liée au nombre de contributeurs, posant également un problème au niveau de l’exploitation.
Il apparaît également qu’un certain nombre d’auteurs de cirque déclarent leurs œuvres dans le répertoire théâtre, faussant ainsi le montant des droits générés pris en compte dans le calcul de la part du budget action culturelle allouée aux arts du cirque.

Concernant la diffusion des œuvres, Pascal Rogard précise qu’il est actuellement impossible de collationner les chiffres du spectacle vivant au niveau national ce qui représente un inconvénient majeur pour la défense du répertoire. Un travail de fond est mené depuis quelques années avec l’idée de créer un fonds de soutien extérieur au budget de l’Etat, ce dispositif est ardu à mettre en place car il très difficile de défendre un secteur lorsqu’on ne peut pas communiquer sur son poids économique.

Jérôme Thomas donne lecture de la proposition de réforme qu’il souhaiterait mener face à l'émergence constante de nouvelles formes liées aux arts du cirque et à leur difficulté de s’inscrire dans un répertoire « cirque » trop souvent confiné dans les esprits aux formes classiques ou néoclassiques. Il apparaît nécessaire de redéfinir le périmètre de ce répertoire et de mener une réflexion sur une réforme visant à définir les œuvres à partir de l’identité de leurs créateurs.

La proposition soumise ce jour aux participants consisterait à prendre compte la notion de registre et de genre dans le répertoire d'origine dit des « Arts du cirque » (à l'instar du répertoire de la musique).
Le registre désignerait la ou les catégories dans lesquelles l'auteur inscrit son œuvre. 
Le genre déterminerait le ou les styles que l'auteur crée ou utilise.

Les objectifs de la réforme

  • Déplacer le curseur de fond, en tenant compte de la genèse de l'auteur (sa formation, son parcours) et non plus sur la forme de la représentation de l’œuvre
  • Réintégrer au sein du répertoire d’origine des Arts du cirque la notion de « transversalité » Rappelons que les arts du cirque ne sont pas un ensemble de disciplines associé à telle ou telle forme d'expression artistique, mais contiennent en essence toute la diversité de ces expressions.
  • Considérer les « Arts du Cirque» comme un art à part entière particulièrement dynamique et novateur, et lui accorder une place et un droit équivalent aux autres secteurs du spectacle vivant (théâtre, danse, …) auprès des diverses institutions.
  • Redonner une liberté d'expression aux auteurs de cirque et cesser de les étiqueter sous d'autres formes d'expression étrangères à leurs démarches artistiques.
  • Rassembler les artistes de cirque et éviter leur désertion du secteur au nom de leurs aspirations dramaturgiques, chorégraphiques, conceptuelles et autres.

A l’issue de cette présentation, Jérôme Thomas invite les participants à formuler leurs avis. Le débat s’engage sur cette proposition dont il ressort les principes suivants :

  • La réflexion doit être individuelle et collective
  • Fédérer les auteurs de cirque autour de cette réforme
  • Création des registres permettant de nourrir l’imaginaire et la créativité
  • Prise en compte de la  notion de forme
  • Permettre aux auteurs de cirque d’exister avec une définition très claire de la technicité de leurs œuvres
  • Réflexion autour de la dénomination du répertoire : Cirque pourrait remplacer Arts du Cirque
  • Mise en place d’un comité de suivi de la réforme

Pour information, Jérôme Thomas rappelle la naissance récente du Groupement National des Arts du Cirque (GNAC) dont les objectifs sont :

  • d’identifier, de formaliser et de prioriser les améliorations à court moyen et long terme pour les Arts du Cirque dans la création, la production, la diffusion, la formation et le dialogue professionnel ;
  • de promouvoir et faire reconnaître la place des Arts du Cirque auprès des autorités concernées, professionnelles, administratives, politiques ou autres et d’assurer, si nécessaire, une représentation coordonnée ;
  • d’échanger les idées et en particulier de mutualiser les moyens, expériences et activités de ses membres, ainsi que de rassembler tous les moyens permettant d’atteindre les objectifs de l’association.

L’accent est également mis sur le travail remarquable mené par le Syndicat National du Cirque de Création, présidée par Martin Palisse, qui mène de nombreuses actions auprès du Ministère et a obtenu des avancées significatives sur les conditions d’aides accordées aux artistes de cirque au travers de leurs compagnies. Une réflexion est également engagée auprès de cette institution sur la définition des arts du cirque et de la diversité de ces formes.

Une communication des travaux de cette table ronde sera communiquée au Conseil d’Administration de la SACD. 
Il conviendra de réorganiser une réunion plus restreinte afin d’envisager les modalités pratiques de cette réforme et de redéfinir ses conséquences dans les rapports avec la SACD.
A l’issue des réflexions du comité de suivi, un manifeste sur la réalité d’un répertoire de cirque unique où tous les auteurs se reconnaîtraient au travers des registres pourrait être édité.
On peut penser que de la prise de position intellectuelle des auteurs de cirque découlera une véritable politique culturelle de la part des pouvoirs publics.

Pour conclure la résolution suivante est votée par les participants :
« les auteurs présents revendiquent un répertoire unique intégrant des registres et des genres et se prononcent sur la création d’un comité de suivi de la réforme permettant à chaque auteur de se reconnaître du répertoire du cirque. »

La journée s’est poursuivi par la présentation des travaux du matin aux professionnels et institutionnels auxquels ont été exposé le nouvel éclairage du répertoire des arts du cirque et la composition de la présidence de réforme, du comité des auteurs et la mise en place du comité de suivi.

Présidence de réforme

  • Christian Lucas
  • Philippe Goudard
  • Jérôme Thomas
  • Delphine Lanson

Comité des auteurs

  • Roland Auzet
  • Yoann Bourgeois
  • Clémence Coconnier
  • Alexandre Fray
  • Bonaventure Gacon
  • Philippe Goudard
  • Nathan Israël
  • Delphine Lanson
  • Sébastien Le Guen
  • Christian Lucas 
  • Nicolas Mathis
  • Jambenoix Mollet
  • Marie Molliens
  • Jani Nuutinen
  • Martin Palisse
  • Denis Paumier
  • Sandy Sun
  • Jérôme Thomas

 

Jérôme Thomas
Administrateur délégué aux Arts du Cirque