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Un théâtre qui brûle

Claude Brulé nous rappelle l’histoire de l’Elysée Montmartre

D'abord un aveu : j'aurais de beaucoup préféré, pour écrire mon émotion devant l'incendie de l'Elysée Montmartre, m'appeler à une syllabe près non pas Brulé mais Bruant. Mais bon.

J'habite à deux cent mètres du sinistre. Pendant quatre heures, en continu, nous avons entendu les sirènes : tous ces braves qui luttaient pour sauver du ravage ce haut-lieu du plaisir parisien depuis 1807, cette salle où la Goulue et Valentin le Désossé découvrirent la danse et inventèrent le délicieux french cancan, où Fregoli sous la verrière signée Gustave Eiffel fascina les publics dans le vertige du transformisme... cette salle qui fut déjà détruite, au début du XIX°siècle par un terrible incendie. Ses amis dirent au directeur : "Quelle tragédie!". Il leur  répondit : "Mais non, quelle publicité!"

Pour moi, ce fut la salle où je vis mon vrai premier film; en 1939, après de multiples avatars, elle était devenue cinéma et m'offrit les yeux du conducteur de la "Lison" fixant  les belles jambes nues de la Blanchette Brunoy, près d'un passage à niveau. T'as de belles jambes, tu sais...

Mais l'essentiel, pour nous gens du spectacle, c'est l'Elysée-Montmartre qui accueillit en 1968 la Compagnie Renaud-Barrault sinistrée, chassée de l'Odéon par un Malraux dans un très mauvais jour. Jean-Louis, ses fulgurances et sa Madeleine imaginèrent et montèrent le merveilleux "Rabelais", musique de Polnareff. Un triomphe.

Demain, après la reconstruction, le spectacle reviendra !

Tous mes voeux
Votre voisin de l'avenue Frochot.