Spectacle  vivant

Traductions théâtrales : respect des droits des traducteurs

Les traductions d’œuvres théâtrales sont protégées par le droit d’auteur au même titre que toutes les créations répondant aux conditions de protection habituelles (notamment l’originalité).

Les auteurs de traductions sont d’ailleurs expressément cités par la loi (article L.112-3 du CPI). Les traducteurs bénéficient donc, sous réserve des droits de l’auteur de l’œuvre originale, de droits moraux et patrimoniaux sur leurs traductions.

En cas de représentation théâtrale d’une traduction, quelques règles s’imposent :

1) Une demande d’autorisation préalable à la représentation 

L’utilisation d’une traduction dans un spectacle vivant doit faire l’objet d’une demande préalable d’autorisation de représentation auprès du traducteur (via la SACD s’il en est membre).
En effet, l’autorisation de représentation de l’auteur de la pièce écrite en langue étrangère ne couvre pas l’utilisation de la traduction française.
Sans autorisation du traducteur, la représentation de la  pièce pourra être jugée contrefaisante de la traduction utilisée et sanctionnée à ce titre. 

2) Modification/adaptation  de la traduction uniquement avec l’accord du traducteur

De même, lorsqu’un metteur en scène ou un adaptateur  reprend, même partiellement, avec ou sans modifications, une traduction pour en écrire une nouvelle, il doit solliciter l’autorisation d’adaptation du traducteur avant toute exploitation sur scène.
A ce titre, il est utile de préciser qu’à défaut d’autorisation, les représentations pourront être considérées comme contrefaisantes et les modifications opérées (coupures, réécriture partielle… y compris celles apportées pour les seuls besoins de la mise en scène) constitutives d’une atteinte au droit moral du traducteur.
Précisons également que le traducteur doit être financièrement associé aux exploitations de la pièce. En cas d’adaptation de la traduction par  le metteur en scène ou un adaptateur  les droits du traducteur pourront faire l’objet d’un partage avec le metteur en scène/adaptateur. Cela relève d’un accord de gré à gré entre eux, qui doit figurer sur le bulletin de déclaration de l’œuvre à la SACD.

3) Mention systématique du nom du traducteur 

Enfin, le nom du traducteur doit être mentionné sur tous les supports de communication  servant à la promotion et de la représentation de  la pièce (imprimés, programmes, affiches…).
Si ce n’est pas le cas, le traducteur pourrait justement se plaindre de ce que le défaut de mention de son nom porte atteinte à son droit moral (droit de paternité).
A l’occasion des demandes d’autorisation de représentation de traductions, la Direction du Spectacle Vivant répond au cas par cas à vos questions et peut vous accompagner dans vos démarches.