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Tags : Cinéma , CNC , Rencontre

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Rencontre avec Véronique Cayla, présidente du CNC et de l'image animée

Le 6 mai 2010, les scénaristes et réalisateurs ont rencontré Véronique Cayla à la Maison des Auteurs de la SACD : le compte-rendu.

 

Véronique Cayla a tenu à rappeler l’historique du CNC et du compte de soutien en distinguant particulièrement 3 étapes : après la seconde guerre, le fonds de soutien a été créé pour réalimenter la production française via la TSA (taxe sur les billets de cinéma) qui avait l’originalité de n’être redistribué qu’en faveur du cinéma français alors qu’elle était perçue sur l’ensemble des films, français ou non.

C’est cet outil qui a permis à la part de marché du film français de rester à des niveaux élevés, jusqu’à aujourd’hui. Il est en effet rare qu’un cinéma national réalise plus de 30% de part de marché dans son pays. Ces derniers temps, le cinéma français oscillait entre 35% et 45%.

La seconde étape a lieu dans les années 80 quand, sous l’impulsion de Jack Lang, les télévisions ont également été mises à contribution pour financer le cinéma et l’audiovisuel.

Enfin, une loi de 2007 a permis de parachever l’édifice en prévoyant l’obligation pour les fournisseurs d’accès à Internet d’abonder le compte de soutien à partir de l’assiette suivante : la moitié de leur chiffre d’affaires triple-play est soumis à une taxe de 4,5%.

Les grands chantiers du CNC sont, d’une part, d’adapter les recettes du compte de soutien au monde numérique. En l’occurrence, elle a estimé que rien ne justifiait que la publicité générée par les sites de vidéo à la demande ne contribue pas au compte de soutien. D’autre part, le CNC souhaite assurer une présence des œuvres cinématographiques et audiovisuelles patrimoniales sur les réseaux et les nouveaux supports. C’est pourquoi des aides à l’éditorialisation des sites de VàD, des aides à la numérisation des œuvres et des aides à l’écriture, au développement et au crossmedia ont été récemment créées.

Parallèlement, la vie des professionnels s’est considérablement modifiée : avec l’explosion des modes de diffusion dans l’audiovisuel et l’apparition de nombreux opérateurs et de nouvelles chaînes, les producteurs doivent désormais chercher plusieurs diffuseurs pour financer les œuvres. Pour les auteurs, il est évident que le développement des productions à bas coûts et la montée en puissance des séries et des feuilletons contribuent à bouleverser le mode de travail et d’écriture.

Face au défi que pose le numérique au cinéma, force est de reconnaître que la production cinématographique est relativement bien numérisée, en revanche,  la diffusion souffre encore de lacunes. D’où la proposition de loi consacrée à la numérisation des salles sur laquelle le CNC a travaillé ces derniers mois et qui devra se poursuivre par une réflexion sur la distribution numérique et les garanties qui peuvent exister en faveur de la diversité de l’offre.

Le numérique, c’est aussi le développement des services de médias audiovisuels à la demande dont un projet de décret devant les assujettir à des obligations de production et de diffusion est actuellement en cours de rédaction.

En réponse à une question sur le fonds d’innovation audiovisuelle, Véronique Cayla  a rappelé qu’en 4 ans, 1200 projets avaient été déposés, 100 avaient été aidés, 75 avaient trouvé un producteur, 27 avaient obtenu l’aide au développement, 12 avaient été mises à l’étude dans les chaînes de télévision et un avait été diffusé récemment sur ARTE.

Face à ce constat, elle a indiqué que des groupes de travail avaient été mis en œuvre pour réfléchir à des évolutions du dispositif, même s’il lui semble difficile de dire si c’est réellement un échec dans la mesure où l’objectif n’est pas nécessairement quantitatif.

Toutefois, il lui paraît utile de pouvoir associer davantage les diffuseurs. Selon elle, l’arrivée de nouvelles chaînes, avec des lignes éditoriales plus innovantes, une volonté de témoigner d’une identité spécifiques et des objectifs d’audience moins prégnants, devrait permettre aux projets aidés par ce fonds de trouver des débouchés potentiels. Il faudra d’ailleurs sans doute faire une démarche particulière en direction des chaînes de la TNT.

Au-delà, Véronique Cayla admet que le multimédia n’a pas été suffisamment intégré et qu’il pourrait être utile pour que ces œuvres puissent se créer des identités visuelles.

Elle a enfin annoncé qu’un soutien semi-automatique aux auteurs était actuellement en cours d’examen et pourrait prochainement voir le jour pour les auteurs dont le film n’aurait pas été financé par une chaîne en clair (environ 50% des projets). Pour ces auteurs, une aide automatique leur serait attribuée afin de pouvoir travailler et d’initier un futur projet qu’il faudrait ensuite développer avec un producteur.

 

Chiffres clés du CNC en 2010

Les recettes fiscales affectées au CNC en 2010 représenteront 575 millions d'€ en hausse de 5,8%.
Elles se décomposent en trois taxes :
la taxe sur le prix des places de cinéma : 121 millions d'€
- la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévisions : 422 millions d'€ (+8,2%)
- la taxe sur la vidéo et la VàD : 32 millions d'€
 
La dotation au titre du soutien aux industries cinématographiques et audiovisuelles sera de 543 millions d'€.
Le soutien automatique s'éleve à 344 millions d'€ soit 6 millions d'€ qu'en 2009 :
- dont, à destination des producteurs cinéma : 75 millions d'€
- dont, à destination des producteurs audiovisuels : 182 millions d'€
- dont, à destination des distributeurs : 34 millions d'€
- dont, à destination des exploitants : 57 millions d'€
- dont, à destination des éditeurs vidéo : 6 millions d'€
 
Le soutien sélectif s'élève à 200 millions d'€ soit 23 millions d'€ de plus qu'en 2009.

Globalement, pour les dépenses, 250 millions ont été alloués au cinéma, autant à l’audiovisuel. 50 millions d’€ ont été attribués pour le multimédia, la VàD..

 

Les précédentes rencontres

13/04/10 - France Télévisions (FTV)

Vincent Meslet
, directeur de la Fiction, et Hélène Saillon, en charge de la coordination des Antennes, du marketing et des relations avec les professionnels.

compte-rendu



11/03/10 - Canal Plus

Rodolphe Belmer
, directeur général

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