Festival  de  Cannes  2010

Rencontre à Cannes avec Daniel Goudineau, directeur général France 3 Cinéma

France 3 au Pavillon des Auteurs

Daniel Goudineau, directeur général de France 3 Cinéma, et Alice Girard, son adjointe, sont venus répondre aux questions des auteurs de la SACD ce mardi 18 mai, au Pavillon des auteurs.

Reportage  photos

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Crédits Julien Attard / SACD

Après avoir rappelé que France Télévisions tenait à l’existence de deux filiales distinctes – France 2 Cinéma et France 3 Cinéma -, il a d’abord insisté sur le fait que nous ne pouvions pas parler de « guichet unique ». France Télévisions a accepté de faire passer de 3,2% à 3,5% de son chiffre d’affaires en obligation d’investissement dans le cinéma.

La première diffusion des œuvres sur France Télévisions

France 3 Cinéma alimente naturellement l’antenne de France 3. Seules quelques comédies financées par France 3 Cinéma ont finalement fait l’objet d’une diffusion sur France 2 mais ce mouvement est exceptionnel. Le risque de voir un film acheté par France 3 Cinéma pour être programmé sur France 4 et France 5 n’existe pas tant les coûts de grille de ces diffuseurs sont bas actuellement : pour illustration, la part antenne investie la plus faible (de l’ordre de 125 000€) correspond à près d’une semaine de coût de grille sur France 4.

La ligne éditoriale de France 3 Cinéma

Daniel Goudineau a d’abord insisté sur deux critères essentiels à ses yeux : tout d’abord le scénario, et ensuite la confiance qu’il a dans le couple réalisateur/producteur.
La sélection des scénarios se fait selon trois critères éditoriaux assumés :

  • L’histoire doit être accessible, compréhensible par un maximum de personnes.
  • Elle doit garder la possibilité d’une identification aux personnages, ce qui donne une prime aux histoires trans-générationnelles.
  • Elle doit enfin porter sur des sujets qui donnent à réfléchir, qui interrogent notre société.

De fait, les choix ne se portent plus sur les comédies, thématique déjà très couverte par les diffuseurs privés, et dans une moindre mesure par France 2 Cinéma.
Cette année, France 3 Cinéma est récompensée par la présence en compétition à Cannes de quatre films coproduits par elle : « la Princesse de Montpensier », « Copie Conforme », « Des hommes et des Dieux » et « Hors la loi ».

La méthode de sélection des projets

Il y a une lecture de tous les scénarios. En revanche, il n’y en a qu’une, ce qui signifie que doit être présentée une version définitive déjà très aboutie. Il faut déposer trois versions recto/verso afin de permettre quatre lectures par quatre groupes de sensibilités différentes. In fine, Daniel Goudineau propose les décisions au président de France Télévisions.
Il intervient pour avis sur le contenu des œuvres à deux moments clés : le scénario et avant le mixage.

Les projets sélectionnés

Ils sont en moyenne de 25 par an en coproduction, sur 350 scénarios reçus chaque année.
France 3 Cinéma accueille les projets de films d’animation pour le groupe France Télévisions (4 en 2009 et déjà 3 cette année).
En fiction, il y a un mélange d’auteurs reconnus et de premiers films. Les thématiques aussi doivent être diversifiées.
Il y a aussi le soutien à un ou deux films par an dont le réalisateur est européen, comme « Le Ruban blanc » l’année dernière.

Les investissements

Le budget est de 23 millions € par an, ce qui induit un investissement moyen de 950 000 € par projet. La fourchette va de 250 000 € à 1,6 million €. Ces investissements se partagent à 50/50 entre part antenne et part coproduction.

La remontée de recettes sur la part coproduction

Elle est quasi-impossible et France 3 Cinéma vit ici les mêmes difficultés que les producteurs délégués. Sur les 11,5 millions € de part coproduction, il est seulement revenu l’année dernière 70 000 €. Grâce au catalogue de 600 films accumulés depuis des années, les recettes atteignent quand même globalement 2 millions € intégrés dans le budget global.