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Tags : Cinéma , CNC , Financement , Production , VOD

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Production cinématographique : des réformes à engager d'urgence

A la suite des vœux du CNC et de sa Présidente, Véronique Cayla, la SACD appelle les pouvoirs publics à ne pas retarder les réformes qui s’imposent et la modernisation de la réglementation.

Dans cette optique, elle demande au Ministère de la Culture et de la Communication d’ouvrir sans tarder le chantier du développement des offres légales. A cet effet, dans la continuité des propositions formulées par la mission Création et Internet et largement reprises par le Président de la République lors de ses vœux au monde de la culture, le CNC devrait organiser sans tarder une large concertation avec l’ensemble des professionnels, ayant ou non signé l’accord sur la chronologie des médias en juillet dernier, pour assouplir la chronologie et pour soutenir le développement de la VàD par abonnement et de la VàD gratuite, aujourd’hui relégués 3 ans et 4 ans après la sortie du film en salles.

Il est en effet essentiel que soit donnée une suite rapide aux propositions novatrices formulées dans le rapport Zelnik – Cerrutti – Toubon qui permettent d’envisager des expérimentations ainsi que l’avancée de la fenêtre de la VàD par abonnement et de la VàD gratuite dès lors que les films n’ont pas bénéficié du financement par une chaîne de télévision et que ces opérateurs prennent des engagements d’investissements dans la création analogues à celles des télévisions.

La SACD invite également les pouvoirs publics et les producteurs à enfin faire le pari de la transparence des remontées de recettes, seule à même de rétablir un climat de confiance entre les auteurs et les producteurs.

Alors que René Bonnel, qui s’était vu confier une mission pour redéfinir des notions essentielles comme la calcul du coût et de l’amortissement d’un film, avait rendu un rapport objectif et sérieux avec des propositions dont la plupart étaient équilibrées et crédibles et pouvaient être rapidement mises en œuvre, la SACD attend toujours que le CNC donne corps à cette réelle et indispensable réforme.

Trois ans après les études publiées le Département des Etudes, de la Prospective et des Statistiques (DEPS) du Ministère de la Culture et de la Communication relatives à l’économie générale du droit d’auteur dans le champ cinématographique et qui avaient démontré l’opacité de la remontée des recettes vers les auteurs, la SACD considère que l’on a trop attendu et que des mesures précises et tangibles en faveur de la rémunération des auteurs doivent être prises dans les plus brefs délais.

La SACD tient enfin à souligner la relative bonne tenue de la production cinématographique française, même s’il faut rester prudent dans un contexte général de crise qui aura encore des répercussions en 2010.

Elle note plusieurs raisons de se satisfaire de la situation de la production cinématographique en 2009 :

  • le volume de la production cinématographique se stabilise avec 230 films agréés à un niveau très élevé et supérieur à 2007 ;
  • les craintes d’une bipolarisation de la production qui aurait porté préjudice aux films dont les devis sont compris entre 1M€ et 15M€ (« les films du milieu ») s’estompent largement grâce à une répartition plus équilibrée des investissements en faveur des films à moyen budget ;
  • une proportion record de premiers et de seconds films (62% des films agréés) qui sont le signe à la fois du renouvellement des talents et d’un enracinement d’une nouvelle génération de cinéastes ;

La SACD souhaite également donner un éclairage particulier à la diminution globale des investissements qui s’explique moins par un désengagement des financeurs que par la baisse du nombre de films avec un budget de plus de 15 millions d’€ et le contexte exceptionnel de 2008 où 3 films avaient concentré à eux seuls plus de 180 millions d’€ d’investissement. Toutefois, sans céder au pessimisme, la SACD restera vigilante sur l’évolution du financement des films en 2010 et sur une éventuelle dégradation des investissements qui serait alors inquiétante si elle se poursuivait.

En outre, la SACD rappelle la fréquentation exceptionnelle avec plus de 200 millions de spectateurs dans les salles, répartie sur un nombre important de films, même si elle regrette la baisse notable de la part de marché des films français. Toutefois, cette hausse n’a pas bénéficié à l’ensemble des salles et en particulier à la petite et moyenne exploitation qui ont souffert. De ce constat, la SACD invite à tirer deux conséquences : la nécessité de proposer des mesures adaptées et ciblées en faveur des petites et moyennes salles ; le besoin d’une nouvelle régulation de l’exploitation qui place la transparence au cœur des priorités.