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Michel Boyon : « La bonne santé de la création passe par la bonne santé économique des chaînes »

Invité de la SACD le 14 septembre, le président du CSA a commenté l’actualité audiovisuelle et ses répercussions sur les créateurs

Michel Boyon : « La bonne santé de la création passe par la bonne santé économique des chaînes »

Invité le 14 septembre dernier par la SACD à s’exprimer devant un parterre d’auteurs, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a commenté l’actualité audiovisuelle et ses répercussions sur les créateurs. Avenir de la TNT, rachat de Bolloré par Canal+, canaux bonus, télévision connectée et… non-respect des œuvres, le débat animé par Pascal Rogard, directeur général de la SACD, a été riche et très apprécié…

En pleine réflexion sur l’avenir de la Télévision numérique terrestre, Michel Boyon, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel l’affirme : « la bonne santé de la production et de la création française passe par la bonne santé économique des chaînes », celles qui investissent dans la création, cela va sans dire.

Par essence, Michel Boyon est un fin connaisseur du monde de l’audiovisuel. Sur la TNT (Télévision numérique terrestre), il est encore plus aguerri dans la mesure où il a consacré deux rapports en dix ans à ce mode de diffusion. Le deuxième est tout frais, il a été publié la semaine dernière. Premier constat : « la multiplication des chaînes n’est une garantie ni de qualité, ni de choix pour le téléspectateur, ni de financement de l’expression culturelle française », a-t-il insisté devant les auteurs réunis à l’initiative de la SACD le 14 septembre dernier. Michel Boyon répondait aux questions de Pascal Rogard, directeur général de la SACD.

Qui finance la création ?

L’apparition de la Télévision numérique terrestre (TNT) au début des années 2000 a fait émerger de nouveaux entrants, de nouvelles chaînes offertes aux téléspectateurs et sur lesquelles les créateurs trouveraient de nouveaux espaces d’expression. La promesse était alléchante, la réalité fut plus dure. Dix ans plus tard, deux de ces petits nouveaux ont été rachetés par des opérateurs historiques de la télévision. TF1 a absorbé les chaînes d’AB et Canal+ vient d’annoncer sa volonté de reprendre celles du groupe Bolloré, a rappelé Pascal Rogard.

Pire, les nouveaux entrants ne contribuent que marginalement au financement de la fiction française toujours assurée par France Télévisions (plus de 50 %), TF1, M6 et Canal+. Ce qui pousse Michel Boyon à soutenir le fait que l’« on a besoin de grands groupes audiovisuels. Ce sont eux qui financent la création ».

Convoitises

Dans un contexte de réflexion sur l’avenir de ce mode de diffusion, Michel Boyon a donc exposé devant les auteurs les objectifs l’ayant guidé dans l’élaboration de son rapport commandé en mai dernier par le Premier ministre et rendu public la veille de son intervention du 14 septembre. Dans le désordre et sans hiérarchie, il a souhaité « consolider un secteur économique audiovisuel dont l’état se partage entre la stabilité et la stagnation depuis un certain nombre d’années » ; préparer le passage à la Haute définition et, « garantir que l’audiovisuel français pourra continuer de bénéficier de toutes les fréquences qui lui seront nécessaires ».

Ce n’est pas une évidence tant les fréquences sont aujourd’hui convoitées par les opérateurs de télécommunication pour tout ce qui tient à l’usage de l’Internet mobile. Très préoccupé par cette question, il se bat pour éviter que, « dans quelques années », on en arrive à la conclusion qu’il faut supprimer des chaînes.

« Affichage parasite »

Michel Boyon a par ailleurs été très attentifs aux critiques des créateurs sur le non-respect des œuvres, dont les images sont de plus en plus polluées par des logos ou de « l’affichage dynamique » « Affichage dynamique », affirment les chaînes ; « affichage parasite »,  rebondit Michel Boyon. Lire ici le blog de Pascal Rogard sur L’affichage parasite.

Reportage  photos

Crédits SACD