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Tags : contrefaçon numérique

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Les images du vote en séance, jeudi 9 avril, 13h15.

Le Conseil d’administration et son président, Jacques Fansten regrettent que ces effusions soient causées par le report d’un texte qui avait vocation à défendre le droit d’auteur.

C'est avec une grande tristesse que les auteurs et plus généralement les créateurs regarderont ces images.
Si nos députés socialistes, qui sautent de joie comme des footballeurs qui viennent de marquer un but, expliquaient qu'ils viennent de faire, par surprise et en piégeant ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, un coup de potaches qui met en évidence un dysfonctionnement de notre démocratie représentative, on pourrait comprendre.
Mais quand ils disent avec une solennité triomphante que, grâce à une ruse de cour de recréation, ils viennent de condamner "démocratiquement" une loi issue de 18 mois de concertation et souhaitée par l'immmense majorité des artistes, nous sommes consternés. Quand ils considèrent comme une victoire que 21 députés, dont une dizaine cachés jusqu'au dernier moment derrière des tentures, aient eu raison d'une représentation nationale qui en compte 577, on peut s'interroger sur l'idée qu'ils se font de la politique.
Et quand on voit ceux qui ont été si longtemps les alliés naturels du monde de la création se réjouir ainsi de mettre à bas l'avenir des productions culturelles dans notre pays, sans avoir jamais émis une proposition alternative crédible pour l'avenir du financement du cinéma, on ne peut que crier : "reviens Jack Lang, reviens Catherine Tasca, ils sont devenus fous!"

Se cacher derrière une tenture ?
On pense à Hamlet et à ce pauvre Polonius, caché comme eux et victime de son stratagème. On pense aux drames qui ont suivi.
On pense à cette réplique  de Shakespeare :

Polonius: - Que lisez-vous, Monseigneur?
Hamlet: - Des mots, des mots, des mots…


Ou encore, plus gravement, à celle-ci, dans la bouche d'Hamlet, disant à sa mère :

Une curieuse sensation, un sixième sens me dit qu'il y a une troisième personne dans cette pièce... Une troisième personne dissimulée derrière cette tenture !... Qui que tu sois, espion, tu n'échapperas pas à ma main vengeresse !


Le cinéma doit-il être victime du syndrome de Polonius ?