Festival  d'Avignon

Programme
Ariane Ascaride / C
Mathieu Bertholet A
Christophe Fiat / D
Olivia Grandville / C
Foofwa d’Imobilité / D
Thomas Lebrun / B
Philippe Ménard / B
Agnès Sourdillon A

La relève des Dieux par les pitres

une commande à Agnès Sourdillon

Texte : Arno Bertina
Interprétation : Agnès Sourdillon et Marcus Brisson

Collaboration aux costumes : Cidalia Da Costa et Anne Yarmola
Objets-trouvés sur papier A4 : Jean-Luc Brisson
Coproduction SACD, Festival d’Avignon
Producteur délégué, Théâtre Vidy Lausanne (Suisse)
Remerciements à Théâtre Ouvert (Paris)

Extrait vidéo :

 

 

L’invitation vient de la SACD et du Festival d’Avignon. Une carte blanche qui porterait sur quelque chose d’inédit et de personnel, me dit-on, une exploration dans un jardin d’Avignon.

J’appelle un auteur.
J’appelle un dresseur de puces savantes.
J’appelle un plasticien-jardinier.

Et comme, dans ce jardin, on a peu de temps (la représentation doit durer une demi-heure), on appellera à la fin des  objets minuscules qui continueront à parler à notre place. Disons, on ouvrira une friche et on y appellera les spectateurs.

Pourquoi Arno Bertina ?
Parce que, dans ses romans, ses phrases ont l’air de sculptures et qu’entre elles, il y a toujours un grand vent qui passe, siffle et fait déjà entendre voix et rythmes ; parce que, dans ses récits, il semble être au plus près de la vie des autres et au plus près de soi et que toujours s’y inventent de nouvelles formes de narration ; parce qu’il n’a pas de souci de pureté et est tout à fait capable de se rendre coupable du crime de « lèse-unité », parce qu’il sait autant jouer sur des moments de concentration poétique que sur des moments de passage, de traversée ou de burlesque, j’ai demandé à Arno Bertina d’écrire le texte. J’avais envie d’emmener son souffle au théâtre.

Argument :
Une entreprise a demandé à l’une de ses employées de prononcer un discours (« quelques chose de personnel et chaleureux ») à l’occasion de l’incinération d’une collègue de travail qui s’est suicidée. En plus de la mort,  ce « quelque chose de personnel » l’effraie. Elle apparaît en scène en vrac : son discours n’est pas prêt. Elle tombe.
Sans prévenir, entre un dompteur de puces. La parole redevient une onde porteuse. Mais, au cours de son  numéro, le dompteur, pris de folie, abandonne une de ses puces coupée en morceaux dans un caisson. Il sort sans la recoudre.
La femme se retrouve seule au chevet de cette puce découpée.
Prête à se réinventer, elle se lance dans un éloge de tout ce qui permet de lutter contre la Séparation, un éloge du rapiécé, du bariolé, un éloge plein de joie, de colère et de jardin en friche : « Alors là, tu en verras un, c’est évident, piqué au vif qui te dira : « vous vous moquez » comme s’il allait te provoquer en duel parce qu’il ne sait pas, lui, que tu es sans honneur, que tu es comme ça désaccordée et, parce que tu te moques de ses passions tristes, tu l’appelleras : « Christ au rabais », « Martyr soldé », tu lui diras qu’il te fatigue, et, comme on envoie au bordel un cul pincé, pour qu’il y brûle toute son épargne, tu lui diras d’aller au clown ».


Sur le costume : un costume confectionné sans patron.

Quant au plasticien-jardinier, il écrit sur ses derniers travaux : «  Peu à peu apparaissent une continuité dans les fissures, une intériorité dans le ciel, une intimité dans les bribes de paroles lointaines… C’est sans doute une forme de peinture sans pinceaux. »