Disparition

Ajouter aux favoris / Partager

Tags : Disparition , Hommage

Voir tous les tags

Hommage à Pierre Billard

Jean Larriaga, ancien administrateur de la SACD, salue la mémoire de l'homme de radio.

Salut Pierre…

Il n’est pas bien difficile de dire l’homme et l’homme de radio complet que tu as été, en revanche, c’est long… eh oui, long. Tu as tant accompli pour ce média merveilleux et donné tant d’émotions, de plaisir, aux millions d’auditeurs de deux, trois générations, collés au poste autour de tes « Maîtres du mystère », puis des « 1001 jours ». Cette « Comédie humaine » du XXe siècle est ce que l’on retient de toi et c’est déjà un héritage unique que tu nous laisses à entendre, réentendre, découvrir.

Les auteurs (tu en as découvert tant !), sont orphelins d’une exigence folle et méthodique incarnée dans ta personne debout, caractère en veille.

Mais au-delà de l’œuvre considérable (à laquelle vient s’ajouter la fondation de la MACD, notre Mutuelle solidaire) ce qui me vient spontanément aujourd’hui, à ce vide soudain, c’est l’homme de ces dernières années, celui que j’ai pu avec quelque confrères, visiter, accompagner, écouter. Celui attaqué dans son corps et dont les forces déclinaient de manière inversement proportionnelle à une véritable fureur intérieure de ne plus pouvoir agir comme il le voulait. Lire, tourner une page, écrire, te faisait de plus en plus mal, t’interdisait les élans, ta lucidité terrible n’empêchait pas que tu veuilles encore faire aboutir des idées pour la Radio, et puis appeler réunir des auteurs, provoquer d’heureux court-circuits entre eux pour la création. Tes visions, Pierre.

Pour m’être penché sur tes humanités à l’occasion d’un film DVD, entretien patrimonial tourné chez toi, avec l’INA, je peux dire que tu étais une encyclopédie à la Diderot débordant le cadre déjà vaste de ton choix envers la Radio et comme l’élargissant. Te filmant en juin 2006, nous t’avons questionné en tentant de canaliser par chapitres cet océan de connaissances, de savoir-faire, serti dans une prodigieuse mémoire vivante et déversé au profit des auteurs.
Un savoir s’éteint et m’étreint.

Un hasard ; tous les deux fils de boulanger, nous pouvions parler de marques de pétrins et de fournées…
Impossible, Pierre, de te résumer affectueusement autrement que par une tête bien faite et qui n’en a fait qu’à sa tête. Pour le bonheur de tant d’auteurs compagnons et d’auditeurs respectés.

Très vives amitiés à ton épouse et à tes enfants.

Jean Larriaga