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Hommage à Eugène Ionesco (26/11/1909 - 23/03/1994)

« Je n’ai jamais compris pourquoi on montait mes pièces »

100 ans après sa naissance et 15 ans après sa mort, Eugène Ionesco occupe toujours, à travers son « théâtre de dérision », les scènes du monde entier.
Ses pièces créées et interprétées par les grands metteurs en scène et comédiens des années 60, sont revisitées par les nouvelles générations.

+ de vidéos sur www.ina.fr

 

« Ce qui me semble absurde, c’est d’exister »
Né à Slatina (Roumanie), le 13 novembre 1909. Né d'un père roumain et d'une mère française, Eugène Ionesco passe sa petite enfance en France. Il y écrit à onze ans ses premiers poèmes, un scénario de comédie et un « drame patriotique ». En 1925, il retourne en Roumanie avec son père, fait là-bas des études de lettres françaises à l'université de Bucarest et devient professeur. En 1938 il regagne la France pour préparer une thèse, interrompue par le déclenchement de la guerre qui l'oblige à regagner la Roumanie. C'est en 1942 qu'il se fixe définitivement en France, obtenant après la guerre sa naturalisation.

« Le public est le plus grand ennemi de l’auteur dramatique car il le pousse à la facilité. Il faut lui résister »
En 1950, sa première œuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée « anti-pièce », était représentée au théâtre des Noctambules. Échec lors de sa création, cette parodie de pièce allait durablement marquer le théâtre contemporain, et faisait de Ionesco l'un des pères du « théâtre de l'absurde », une dramaturgie dans laquelle le non-sens et le grotesque recèlent une portée satirique et métaphysique, présente dans la plupart des pièces du dramaturge. Citons, entre autres, La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s'en débarrasser (1953), L'Impromptu de l'Alma (1956), Rhinocéros (1959), dont la création par Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France apporta à son auteur la véritable reconnaissance. Viendront ensuite Le Roi se meurt (1962), La Soif et la Faim (1964), Macbett (1972). Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur le théâtre, dont le célèbre Notes et contre-notes.

« Un grand succès dans un petit théâtre vaut mieux qu’un petit succès dans un grand théâtre, et encore mieux qu’un petit succès dans un petit théâtre. »
Ses premières pièces dans les années 50 furent la proie des mauvaises critiques et surtout jouées dans de petits théâtres comme le théâtre des Noctambules, le Théâtre Poche-Montparnasse ou celui de la Huchette où les deux pièces « la Cantatrice chauve » et « La Leçon » sont données sans discontinuer depuis 1957 jusqu’à aujourd‘hui.
Ionesco fait aujourd'hui partie des dix auteurs les plus joués en France, et figure parmi les plus populaires des auteurs.
Son théâtre, traduit dans des dizaines de langues, est beaucoup joué à l’étranger et selon les années, entre 20% et 60% des droits sont collectés hors de France. Entre 2004 et 2008, 48 pays ont accueilli ses pièces (dont "Le Roi se meurt", joué récemment par Geoffrey Rush et Susan Sarandon qui a été un véritable succès à Broadway). Aux côtés des pays francophones (Canada, Belgique, Suisse...), figure l'Europe de l'est (Roumanie mais aussi République tchèque, Hongrie, Pologne, etc.), où l'anti-autoritarisme de Ionesco l'a rendu célèbre.

« Je suis mécontent de tout ce que j’ai fait »
Elu académicien en 1970, Eugène Ionesco connut à la fin de sa vie la consécration d'être le premier auteur à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade. Largement enseigné, l'auteur est aujourd'hui presque un « classique ». A l'école, il est souvent répertorié au rayon "théâtre de l'absurde", en compagnie de Beckett et Adamov, bien qu'il préférait lui-même l'expression "théâtre de dérision".
Plus de renseignements sur les parutions : www.gallimard.fr
« je n’ai jamais compris pourquoi on montait mes pièces »
100 ans après sa naissance et 15 ans après sa mort, Eugène Ionesco occupe toujours, à travers son « théâtre de dérision », les scènes du monde entier.
Ses pièces créées et interprétées par les grands metteurs en scène et comédiens des années 60, sont revisitées par les nouvelles générations.
Actuellement, une Exposition à la Bibliothèque Nationale montre, à travers 300 documents, tous les aspects de sa création.
Plus d’informations sur : www.bnf.fr

 

La SACD a rendu rend hommage à cet auteur qui a marqué le XXème siècle en réunissant tous ceux qui ont contribué à faire connaître son œuvre.
Voir le reportage photo

 

 

crédit photo portrait Ionesco : Louis Monier