Disparition

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Tags : Disparition , Hommage , Musique

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Hommage à Antoine Duhamel

Louis Dunoyer de Segonzac salue la mémoire du compositeur.

Une grande figure de la musique nous a quittés le 10 septembre dernier. Antoine Duhamel était surtout connu pour son brillant parcours de compositeur de musique de film :

  • Pierrot le Fou, Made in USA, Week-end, de Jean-Luc Godard
  • Baisers volés, La Sirène du Mississipi, Domicile conjugal, L’Enfant sauvage, de François Truffaut
  • La Question, Le Mors aux dents, de Laurent Heynemann
  • Ridicule, de Patrice Leconte
  • Que la fête commence, La Mort en direct, Daddy nostalgie, Laissez-passer, de Bertrand Tavernier…

… la liste serait trop longue, s’il fallait citer tous les cinéastes de talent avec lesquels il a collaboré, en composant la musique de plus de soixante films (Yves Boisset, Alexandre Astruc, Maurice Ronet,  Marcel Bluwal, Fernando Trueba, Luc Béraud, Bertrand Van Effenterre, Olivier Assayas et tant d’autres).

Je donne ici la parole à Bertrand Tavernier, qui parle ainsi à Renaud Machart, pour lemonde.fr, de la musique de Que la fête commence, constituée en partie d’éléments de restitution d’un opéra inédit du Régent Philippe d’Orléans, qu’Antoine Duhamel a orchestrés et dirigés, à la tête de l’ensemble de musique ancienne La Grande Ecurie et la Chambre du Roy  :

« Il est sidérant qu’à l’époque, aucun critique n’ait remarqué l’extraordinaire importance de cette restitution ! Personne n’avait pris cela au sérieux, pas même le label discographique Erato, qui enregistrait beaucoup de musique ancienne et n’a pas voulu la graver… Antoine avait pourtant fait un travail d’un grand sérieux. »

A propos de La Mort en direct :

« Nous nous sommes vus, comme je le fais toujours avec mes musiciens, au début du projet, avant même que le scénario n’en soit achevé. En parlant des personnages, nous sommes tombés d’accord que nous n’utiliserions pas de cuivres, et seulement les cordes. Antoine était très fier de cette partition, qui est superbe. »

de Laissez-passer :

« Dans ce film, auquel je tiens beaucoup, Antoine avait fait un prodigieux travail de virtuosité, intégrant sa propre musique à un air des Pêcheurs de perles, de Bizet. Par le truchement de percussions ajoutées progressivement, sa musique supplantait celle de l’original. C’était stupéfiant. »

On aurait tort de résumer le parcours d’Antoine Duhamel à sa filmographie.
Le catalogue de ses œuvres symphoniques et de musique de chambre est impressionnant et démontre un grand éclectisme. Il y explore toutes les formes possibles, du violon seul à l’orchestre symphonique en passant par les formations les plus atypiques et inattendues. Témoin Dialogue des anges pour quatre tubas, Hommage à Mingus pour cinq saxophones, ou encore Vira cocha pour flûte, clarinette, mandoline et violoncelle.

Antoine Duhamel était aussi un compositeur d’opéras dont l’œuvre est considérable :

  • Gala de cirque (opéra ballet - création en 1965, à l’Opéra de Strasbourg)
  • Lundi, monsieur vous serez riche (livret de Remo Forlani -  Strasbourg 1968)
  • L'opéra des oiseaux (d’après Aristophane - Opéra de Lyon 1971)
  • Ubu à l'opéra (d’après Alfred Jarry - adaptation de George Wilson - Avignon 1974)
  • Gambara (d’après Balzac - Opéra de Lyon 1978)
  • Les Travaux d’Hercule (opéra pour jeune public - Lyon 1981)
  • Le Transsibérien (texte de Blaise Cendrars - Paris, Th. des Bouffes du Nord 1983)
  • Le Scieur de long (d’après Baudelaire - Tours 1984)
  • Quatre-vingt-treize (d’après Victor Hugo - Lyon 1989)
  • Les Aventures de Sindbad le marin (Colmar 1991)

 

Louis Dunoyer de Segonzac, président de la commission Musique de la SACD