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Denys de la Patellière : un cinéaste disparaît

Hommage de Laurent Heynemann, président de la commission cinéma de la SACD.

Avec Denys de la Patellière, disparaît sans doute le dernier grand réalisateur des années 60 du cinéma dit "non nouvelle vague", que les critiques de l'époque ont toujours vilipendé avec force polémique, alors que le public le plébiscitait.

Ce cinéma aux scénarios bien ficelés et aux dialogues brillants, filmé efficacement sans recherche esthétique certes, mais sans académisme non plus, retrouve heureusement aujourd'hui une place dans le cœur des cinéphiles.

Aujourd'hui, les cinéphiles plus jeunes, (point de vue moins formaté par les maîtres penseurs de années soixante que celui de leurs ainés) savent apprécier une œuvre qui maitrisait le récit et portait les acteurs à leurs plus haut niveau.

Aujourd'hui, les chaines de télévision spécialisées dans les œuvres du passé, et la gourmandise de certains sites de VOD nous permettent de retrouver avec plaisir et même avec euphorie Pierre Fresnay, Danielle Darrieux, Jean Gabin et Lino Ventura qu'il a brillamment dirigés.

J'ai personnellement revu récemment Les grandes familles (1958) avec Jean Gabin, Pierre Brasseur et Bernard Blier, Du rififi à Paname (1965) avec Jean Gabin et Mireille Darc qui sont de véritables joyaux d'interprétation et de "mise en bouche" de dialogues fulgurants.

De même, son plus grand succès, Un taxi pour Tobrouk (dialogues de Michel Audiard), a été récemment encore rediffusé à la télévision pour notre plus grand bonheur.

Car il s'agit bien de bonheur, du plaisir de filmer, de raconter de bonnes histoires et de s'émerveiller qu'elles soient si bien interprétées. En saluant sa mémoire, il nous reste à remercier Denys de la Patellière d'avoir été la maître d'œuvre de ces moments de cinéma.

Laurent Heynemann