Disparition

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Tags : Disparition , Théâtre

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Denise Bonal nous a quitté dans la nuit du 24 au 25 avril. Hommage de Jean-Paul Alègre.

Denise Bonal était à l’image de son théâtre : pleine de talent et d’humanité

L’enterrement a lieu mardi prochain à 10h15 au père Lachaise.

Pour les personnes souhaitant laisser un message à la famille, adressez un mail à entractes@sacd.fr

C’est dans les années 70 que Denise Bonal a commencé à écrire : Légère en août, Les Moutons de la nuit, Portrait de famille, Une femme sans conséquence, Les Pas perdus, De dimanche en dimanche, Les tortues viennent toute seules, qui sera créée prochainement au Studio Théâtre d’Asnières.

Elle était aussi comédienne et professeur au Conservatoire national supérieur de Paris et au Cours Florent.

Denise Bonal a siégé au Conseil d’administration de la SACD et a défendu ardemment la création de la Maison des Auteurs.

Hommage de Jean-Paul Alègre

Denise Bonal vient de nous quitter.

C'est une grande émotion, une grande tristesse pour le monde du théâtre.

Figure majeure de l'écriture dramatique d'aujourd'hui, Denise Bonal était également une comédienne racée et touchante.

Distinguée à de très nombreuses reprises par la SACD et les institutions, elle était aussi très représentée dans le cadre du théâtre des amateurs.

Elle s'est impliquée dans le combat des auteurs, à la SACD, aux Ecrivains Associés du Théâtre, dans ses prises de parole en public, dans le cadre des festivals, des rencontres, des débats, des colloques, ou, tout simplement dans le quotidien de sa vie de femme de théâtre.

Denise Bonal était unanimement respectée par tous ceux qui aiment les planches.

Ses textes faisaient référence, sa voix était écoutée.

Son humour cruel et tendre à la fois, sa gravité souriante, ses inquiétudes teintées d'espoir nous manquent déjà.

Ses magnifiques pièces nous permettront cependant de la garder longtemps à nos côtés.

Jean-Paul Alègre
Ancien président des Ecrivains Associés du Théâtre
Administrateur théâtre de la SACD

 

Hommage de Victor Haïm

Vieillir, c'est accepter que nos saines indignations deviennent de pauvres mélancolies !  Denise Bonal n'a pas vieilli. Elle a écrit toute sa vie et selon le mot qui s'impose inévitablement, jusqu'à son dernier souffle. Superbement, lumineusement, tendrement.

En tant qu'actrice, elle fut une cariatyde vivante que je découvris à Nantes, vers quinze ans, alors qu'elle travaillait au Centre dramatique de l'Ouest. Comment savoir ce qui émeut le plus un spectateur adolescent : la présence sensuelle et scupturale de Denise ou cette voix exceptionnelle qui oscillait entre le violoncelle et le hautbois ?

En tant qu'auteur dramatique, elle sait, avec une éblouissante clarté, affûter des répliques fulgurantes, mises dans la bouche de personnages d'une vérité poétique inégalable. Son dialogue évoquait un ping pong d'aphorismes comme des flèches imbibées d'humour. Il atteint le coeur en diffusant un élexir personnel jusqu'au cerveau. On rit aux textes de Denise sans que la jubilation qu'ils procurent ne vienne occulter la réflexion. Ce ricochet est une forte gageure aujourd'hui où le rire s'acoquine avec la vulgarité et la gravité avec l'ennui.

En tant que pédagogue, elle a suggéré ses exigences mais jamais comme un dogme. Ses élèves prenaient conscience qu'ils n'étaient pas des perroquets ! Elle savait susciter la vérité du jeu; ce que le grand public appelle le naturel.

En tant qu'amie elle pratiquait la fidélité fervente qui exigeait en retour un attachement profond, semblable à une sorte de contrat d'exclusivité !
Voilà Denise: douce et goguenarde. Franche et rusée parfois. Naïve et déterminée. Adulte et juvénile. En tout état de cause : grande parmi les grands. Comme toujours en France certains vont s'en apercevoir maintenant!

Victor Haïm