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Tags : Cannes , Cinéma

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Cannes : rencontre avec Caroline Champetier (AFC), Laurent Hébert (CST) et Richard Patry (FNCF)

Les intervenants ont débattu, autour de Gérard Krawczyk, du respect de l’œuvre cinématographique à l’ère de la diffusion en numérique


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Reportage photos

Crédits Julien Attard / SACD

Caroline Champetier, Présidente de l’AFC, Laurent Hébert, Délégué Général de la CST et Richard Patry, exploitant de salle et élu à la FNCF participaient à cette rencontre.

Le débat fut trés animé lors de cette rencontre organisée par la SACD autour du thème du respect de l’œuvre à l’ère de la diffusion en numérique des films de cinéma.

Autour de Gérard Krawczyk, les intervenants ont débattu des questions que pose le passage au numérique en salle.

Le constat dressé par les exploitants de salle est le suivant : aujourd’hui, 45% du parc de diffusion (soit 2500 salles sur un total de 5400) a basculé en numérique. Mais la diffusion en 35 mm est maintenue, et la phase de transition actuelle est difficile à gérer, comme a pu l’expliquer Richard Patry. En effet, actuellement, les projecteurs numériques ne peuvent pas être utilisés au maximum de leurs possibilités techniques car les exploitants et les opérateurs de projection ne sont pas encore suffisamment formés. Malgré tout, dans cette période aussi importante technologiquement que le passage du cinéma muet au parlant, le fait est que globalement la qualité de diffusion s’améliore. Les exploitants ne nient pas les problèmes mais demandent que du temps leur soit accordé.

Selon Caroline Champetier, il faut avant tout se préoccuper de la formation des projectionnistes, car derrière ces nouvelles machines qui sont des « rolls » technologiques , il y a toujours de l’humain. Se pose aussi la question des réglages des projecteurs par les installateurs et celle des écrans métalliques et des écrans à gain (13% du parc des salles aujourd’hui, soit 722 écrans) qui peuvent, selon les cas et la place du spectateur dans la salle, conduire à des projections qui dénaturent le film.

Par ailleurs, au-delà de la question du coût de l’équipement et de son entretien, les exploitants sont aussi confrontés au problème du choix des lunettes 3D (système passif ou actif). Le système actif est très compliqué à gérer dans les grandes salles qui privilégient le système passif en raison d’une logistique moins lourde à mettre en place autour des lunettes.

Pour Gérard Krawczyk, il est important de souligner que le spectateur ne veut pas payer une place pour voir un film qui dénature le travail des auteurs en raison d’une diffusion dans de mauvaises conditions. L’enjeu actuel pour l’ensemble de la chaîne création-production-exploitation est de faire en sorte que la diffusion salle soit irréprochable.

A ce titre, Laurent Hébert souligne que la CST a, au-delà du contrôle des salles, un rôle d’accompagnement et d’aide dans cette phase de transition. « Pour se sortir par le haut des problèmes actuels, il est important d’instaurer une solidarité de chaîne pour le bien des œuvres ». C’est sur la qualité que toute la chaine du cinéma pourra à nouveau gagner la bataille des entrées face aux autres médias.